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si je ne sais pas que je ne sais pas
je crois que je sais
si je ne sais pas que je sais
je crois que je ne sais pas
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Ce sont les autres qui vous disent qui vous êtes. Plus tard on endosse
leurs définitions ou l’on essaie de s’en débarrasser. Il est difficile
de ne pas accepter leur version de l’histoire. Il arrive qu’on s’efforce
de n’être pas ce qu’on « sait » qu’on est, tout au fond de soi-même. Il
arrive qu’on s’efforce d’extirper cette identité « étrangère » dont on a
été doté ou à laquelle on a été condamné, et de créer par ses propres
actes une identité pour soi-même qu’on s’acharne à faire confirmer par
les autres. Toutefois, qu’elles qu’en soient, par la suite, les
vicissitudes, notre première identité sociale nous est conférée. Nous
apprenons à être ce qu’on nous dit que nous sommes.
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Ils jouent un jeu. Ils jouent à ne pas jouer un jeu. Si je leur montre
que je le vois, je briserais les règles et ils me puniront.
Je dois jouer leur jeu, qui consiste à ne pas voir que je vois le jeu.
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… beaucoup de gens décrivent l’expérience de leur incapacité à quitter «
la maison », à quitter l’autre personne ou le nexus de personnes qui
faisaient primitivement partie de leur vie. Ils sentent que leur mère ou
leur famille les étouffe. Ils ont peur et ils ont envie de se sauver.
Mais plus ils ont peur, plus leur famille est effrayée et devient
effrayante. Ils cherchent la sécurité en s’accrochant à ce qui les
effraie comme quelqu’un qui, ayant posé la main sur une assiette
brûlante, l’appuie plus fort au lieu de la retirer ; ou comme quelqu’un
qui mettant le pied dans l’autobus au moment même où il démarre,
s’accroche « instinctivement » à l’autobus, objet le plus proche et le
plus dangereux, alors que la conduite « raisonnable » consiste à lâcher
prise.
Ceux qui se trompent eux-mêmes sont obligés de tromper les autres. Il
m’est impossible de préserver une fausse image de moi si je ne falsifie
pas votre image de vous-même et de moi. Il faut que je vous dénigre si
vous êtes sincère, que je vous accuse d’être un fantoche si vous cédez à
mes désirs, que je vous traite d’égoïste si vous suivez votre voie, que
je me moque de votre immaturité si vous essayez d’être généreux, et
ainsi de suite. Quiconque se trouve pris dans un pareil embrouillamini
ne sait plus à quel saint se vouer.
… chacun cherche non seulement quelqu’un à aimer et qui l’aime, mais un
autre dont on sente soi-même qu’il est heureux d’être aimé par soi.
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… si nous sommes d’accord sur le fait que vous ne faites pas
l’expérience de mon expérience, nous convenons de ce que nous comptons
sur nos communications pour nous renseigner sur ce que nous pensons,
sentons, imaginons, rêvons, etc., et sur la façon dont nous le faisons.
Les choses vont se compliquer si vous me dites que je vis quelque chose
que je ne vis pas.
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L’identité est ce qui fait qu’on se sent le même, en ce lieu et en ce
moment, qu’en cet autre moment et en cet autre lieu, passé ou futur ;
c’est ce par quoi l’on est identifié. J’ai l’impression que la plupart
des gens ont tendance à se dire qu’ils sont les mêmes êtres continus du
berceau à la tombe. Et que cette « identité », plus elle appartient au
fantasme, plus on la défend avec acharnement. Parfois une « identité »
devient un « objet » qu’une personne a perdu ou a l’impression d’avoir
perdu, et qu’elle se met à chercher. (Ronald David Laing)
L'expérience humaine est paradoxale par essence car ce sont nos propres perceptions qui nous renseignent sur nos perceptions et qui permettent la construction de nos représentations. Je ne suis pas celui que JE PENSE ETRE. Je suis celui que JE CROIS ETRE. Et je n'ai aucun moyen objectif extérieur de le vérifier...
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